Après la version Ivo Karlovic, trop puissant, trop rapide, trop-tout au service, Roger Federer a joué la version Tommy Haas, très précis dans les zones et très performant dans les variations des effets et des vitesses, pour se qualifier (7-6 [3], 7-5, 6-3 en 2h02') pour sa septième finale d'affilée à Wimbledon. « C'était un match assez similaire à ceux contre Söderling et Karlovic, résume la tête de série n°2. Ces deux matches m'ont aidé à bien jouer aujourd'hui. » Contre le Croate, le Suisse n'a patienté que neuf minutes pour réaliser le break. Contre l'Allemand, le quintuple vainqueur de l'épreuve a attendu 1h30' pour trouver la faille à 7-6, 6-5. Mais cette attente ressemble à un long fleuve tranquille où le numéro 2 mondial déroule sur ses engagements. Tommy Haas ne possède aucune occasion dans le match et ne marque que trois points sur le service adverse dans la deuxième manche !
D'une manière presque chirurgicale, Roger Federer se rapproche de plus en plus de l'Allemand, il lit de mieux en mieux le service adverse et surtout propose des retours bloqués qui ne permettent pas à la tête de série n°24 de s'installer dans l'échange. « Haas m'a mis beaucoup de pression avec son service, il a pris beaucoup de risques sur ses retours, en fond de court et sur ses deuxièmes balles. Il montait également, il changeait beaucoup de tactique, il variait bien et cela a rendu les chose assez difficiles pour moi de savoir comment retourner, comment jouer du fond, relate le Suisse qui peut battre le record de Pete Sampras ce dimanche. Je ne pouvais pas trouver mon rythme parce qu'il ne me donnait pas de rythme. L'important était de bien servir et de saisir ma chance quand elle arrivait. » Bien servir, cela relève de l'euphémisme avec 75% de premières balles et un pourcentage de réussite proche de la perfection avec 89% de points gagnés sur sa première balle et 81% sur sa seconde. de quoi attendre l'occasion au chaud... et mettre Tommy Haas la tête à l'envers.
«C'était un match assez similaire à ceux contre Söderling et Karlovic. Ces deux matches m'ont aidé à bien jouer aujourd'hui. »
Le langage du corps, cher à tous les entraîneurs, ne trompe pas. Comme toujours, le Suisse ne bouge pas un cil. Comme souvent, l'Allemand commence à s'agacer et rejoue les Souffrances du (plus très) jeune Tommy en version originale dès le début de la deuxième manche. Il se parle, il crie, il ne tient pas en place et il finit par craquer. Juste avant son entrée sur le court, Tommy Haas évoque la clé du match pour éviter sa mésaventure parisienne (deux sets à zéro et balle de 5-3 avant de perdre) : « Gagner les points importants.» Encore faut-il les avoir !
Dans le tie-break de la première manche, Roger Federer prend les choses en main et il ne lâche jamais sa proie pour conclure sur un smash en extension à faire avaler les fraises à la crème de travers. « C'est la balle de match dont on rêve. C'est une fin incroyable pour un grand match. Mais ces smashes sont honnêtement plus faciles à faire forts que lents. En fait, je n'avais pas le choix», sourit le Maître des lieux. Tommy Haas n'avait pas le choix et une phrase revient en écho dans sa conférence de presse : « Il n'a pas vraiment de faiblesses.»
Sophie DORGAN, Ã Londres

En décrochant son seizième titre majeur dimanche à Melbourne face à Andy Murray (6-3,...




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